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"REBELLES" : LE TEXTILE POUR CONTESTER

29.08.2016

 

 

 

 

J'en ai vu des expos : des photos, de la peinture, des objets ... mais une autour du textile, jamais (ou presque). Dans le cadre du Festival International des Textiles Extra ordinaires (FITE), le musée Bargoin de Clermont-Fd nous présente 

R E B E L L E S .

 

Dès l'entrée, on en prend plein les yeux : le hall d'accueil est aménagé avec des petits fauteuils, le décor est superbe. Ce dernier est issu d'une collaboration avec le collectif END to END (dont je vous parle juste >ici<) en moins de 48 heures.

Le ton est lancé, ça s'annonce bien.

 

 

 

 

Je parcours les deux étages avec une attention particulière : je suis complètement absorbée par ce thème et beaucoup plus que je ne l'aurais cru. Des vêtements, des tapis, des coiffes et même des mouchoirs qui témoignent de la rebellion non violente à travers nos cinq continents, dans le passé comme dans le présent. Et PAF ! Prends ta claque !

 

 

Je tombe tout d'abord sur ce tapis d'un artiste d'Azerbaïdjan. Je lis le descriptif, et je me dis : ha mais oui ! La tradition s'oppose à la modernité, le cliché est décousu : une moitié du tapis est confectionné de manière traditionnelle et l'autre, imite des coulures de peintures à l'huile. C'est une belle métaphore pour dire qu'on veut sortir du cadre, surprendre et ne pas faire ce à quoi les autres s'attendent pour interpeller.

 

 

 

Et après ça, une succession d’œuvres touchantes : beaucoup de vêtements ou de tissus qui témoignent de la lutte des peuples colonisés pour conserver leur identité malgré la pression des occupants. Je vous résume ce qui m'a marqué.

 

 

Aux Antilles, à l'époque coloniale, les femmes n'avaient pas le droit de porter de tenues européennes ni leur costume. Et ben tiens, démerdez vous avec ça !

Le madras débarque des Indes par l'intermédiaire de ces chers colons. Les tissus sont noués et travaillés sur la tête des femmes et renseignent sur le statut social : si madame était mariée, célibataire et même prostituée !

 

 

Et j'arrive sur ces chemises qui me paraissent tellement actuelles. Mais c'est qu'elles le sont ! C'est la marque créée par Nelson Mandela avec 3 stylistes : "46664", son numéro de matricule durant son long séjour en prison. Ce sont des chemises "Madiba", nom donné par un des stylistes en référence au profond respect accordé à Mandela par son clan. Beaucoup de dirigeants africains arboraient des tenues occidentales. Pas lui.

 

 

Direction le deuxième étage, en traversant une scénographie géniale, avec un mur d'expression à base de fil et de morceaux de tissu blanc affichant des messages d'espoirs, des dessins d'enfants ou des "mots d'humour".

 

 

 

 

 

 

Et puis, les panuelos. Apparus dans les années 40, ces petits mouchoirs de tissu blanc servaient d'outil de correspondance aux prisonniers à la frontière du Mexique.

S'inspirant de cela, un projet a été mené avec les centres pénitentiaires de Riom et de Valence où des ateliers de panuelos étaient proposés. Certains sont exposés au musée, illustrés par une vidéo montrant les détenus dessiner et présenter leur panuelos, sur fond de bruits de couloirs et de parloirs. Comme une immersion visuelle et auditive.

 

 

J'en ai déjà trop dit.

 

 

 

 

 

 

Le mieux, si vous êtes curieux, c'est d'aller voir de vous même et de laisser une petite trace de votre passage.

 

 

 

 

La curiosité n'est pas un vilain défaut !

 

 

 

 

 

 

 

"Rebelles" au Musée Bargoin

de Clermont Fd

 

Jusqu'au 31 décembre

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